Repenser l’espace scolaire pendant la crise de covid-19

Le Webinaire de l’association Faire école ensemble “Repenser l’espace scolaire pendant la période de covid-19” a permis ce vendredi 15 mai 2020, à près de 90 acteurs et actrices de l’éducation – enseignants, ERUN (Enseignant Référent aux Usages du Numérique), directeurs d’établissements, DANE (délégation académique au numérique éducatif), architectes, associations, entreprises et citoyens parents ou non – d’échanger des pratiques et des idées. Un temps précieux pour celles et ceux qui ont été soumis aux urgences de la crise sanitaire et qui pouvaient mettre en commun des solutions et des besoins. 

“Le temps d’un webinaire, nous pouvons enfin poser les réflexions que nous n’avons pas eu le temps d’exprimer ces dernières semaines.”, constatait une enseignante participante. Au carrefour entre les acteurs et actrices du monde l’éducation (institutions, enseignants, associations et citoyens parents ou non), l’association Faire école ensemble souhaite faciliter les échanges, stimuler la transmission des pratiques pédagogiques, et permettre à chacun de se situer dans une situation de crise particulièrement déstabilisante. Fée organise ainsi des séances d’échanges entre enseignants, entre enseignants et citoyens désireux de contribuer à la continuité pédagogique ainsi que des enquêtes qui s’adressent à tout le monde pour mieux comprendre et analyser la situation. 

Présentation d’archilab

Pour mieux comprendre les enjeux de ce webinaire, Ben, membre de l’association Fée et facilitateur de la séance vendredi dernier, en précise le déroulé et les enjeux :

  • Qui participait à ce webinaire ? Comment pouvait-on y accéder ? Fallait-il être invité ?

Ce webinaire était ouvert sans inscription ni sélection préalable, il s’adressait à toute personne susceptible d’être intéressée ou de partager une réflexion ou une action en lien la forme scolaire et la crise du Covid-19.

  • Les participants venaient d’horizons très différents, cela s’est bien passé ? 

La rencontre s’est très bien passée , comme dans les tiers-lieux physiques, il était convenu comme seul préalable l’hospitalité, la convivialité et la documentation des échanges afin de garantir un cadre propice à la prise de parole et à l’échange d’idées.

  • Quels étaient les enjeux du Webinaire ?

Ce webinaire répondait à trois enjeux. D’abord faire émerger une communauté de praticiens diverses, à l’image des participants, autour de la question majeure de la forme scolaire en période de crise. Ensuite, mieux préciser les interrogations soulevées par les nouvelles contraintes mais aussi la pédagogie qu’elles pouvaient permettre de continuer. Enfin, nous avions à cœur de montrer la manière dont nous souhaitons apporter notre contribution aux communautés éducatives : faire se rencontrer dans un cadre propice des personnes venues d’horizons variés autour d’un objet commun, ici comment repenser l’aménagement des classes dans et hors les murs ? 

  • Quelles ont-été les interventions marquantes ?

Si je devais retenir deux interventions, en dehors de celles des trois intervenants annoncés (Paul, architecte d’intérieur, Célia, designer et Christophe en charge des questions de forme scolaire à la direction du numérique du ministère de l’Éducation Nationale), ce serait celles de Patrick et Delia. L’un pointait que les nouvelles règles sanitaires peuvent être comprises comme une contrainte qui pousse vers une surveillance généralisée tant que l’autre les a interprétées comme des paramètres à partir desquels penser une pédagogie vertueuse pour les élèves.  Patrick , en lisant un passage saisissant de Surveiller et Punir de Michel Foucault, rappelle ainsi qu’il ne faut pas se mettre dans un référentiel (inconscient) de surveillance. Delia, qui en présentant sa classe comme un village ou chaque élève est dans une maison avec une boite aux lettres et un jardin, nous montre que quelles que soient les conditions sanitaires imposées il est possible de remettre la pédagogie au centre des préoccupations.
Je souhaite aussi retenir une réaction d’un directeur adjoint d’école maternelle en REP (Réseau d’Education Prioritaire) qui déclarait après coup : « Maintenant je sais ce que fait la FÉE : c’est faire se rencontrer des intelligences ! » . Cela résume bien notre intention : que tout le monde échange et travaille en intelligence pour assurer la continuité pédagogique.

  • Quelle restitution envisagez-vous pour ces échanges et quelles suites devons-nous attendre ?

Le compte-rendu collaboratif détaillé et édité  de la rencontre ainsi que l’enregistrement du webinaire sont également disponibles ici.
Plusieurs pistes de travail ont émergé  suite aux échanges:

  • Expérimenter le dispositif initié par Célia Gremillet, Aurélien Tabard et Romain Vuillemot du laboratoire LIRIS
  • Expérimenter le dispositif conçu Paul Marchesseau pour redéployer l’espace d’apprentissage en dehors de l’école.
  • Mettre en place des permanences architecturales dans des écoles (sur le modèle de celle de l’Hotel Pasteur)

Par ailleurs, l’ensemble des travaux liés aux programmes collaboratif « architecture et la forme scolaire en période de pandémie » est documenté sur le wiki de faire-école ensemble sous licence Creative Commons 4.0, afin de pouvoir être réapproprié par tous.  

Enfin, une première séance de travail sur la mise en œuvre du programme est prévue le mercredi  20/05 à 17h00 ici

Pour rejoindre la communauté Faire Ecole Ensemble, rendez-vous sur le chat : https://chat.faire-ecole.org/

E.D — Le podcast de la continuité pédagogique

Paradoxe du confinement et de la distanciation sociale, les collectifs numériques ont permis des rencontres improbables. Et comme a pu très bien le montrer Steven Johnson dans son livre Where Good Ideas Come From: The Natural History of Innovation, ce sont ces rencontres qui peuvent permettre l’émergence d’idées nouvelles.

Afin de prolonger cette expérience, notre collectif Continuité pédagogique lance donc un nouveau podcast. Son nom ? E.D pour Expériences : Discontinuité.

Des rencontres inattendues

L’idée maîtresse de ce podcast est d’inviter deux personnes qui ne se connaissent pas, et qui viennent d’univers différents, à échanger sur le thème de la discontinuité. Telle une rencontre dans un café, imaginez ces deux invités se rencontrer grâce une relation commune. Initiant la discussion, cette dernière s’efface progressivement au profit des discussions entre les deux convives…

Témoigner de son expérience

Notre podcast se veut dans un format court : une dizaine de minutes. Il ne s’agit donc pas d’engager l’auditeur dans un long débat. Au contraire, E.D (acronyme qui peut se lire comme Idée / Idea) se veut être un partage d’expériences de la discontinuité, notamment éducative (on trouve ici une autre façon de lire le nom du podcast, ED pour éducation). Et autant le dire d’emblée, il y a certainement autant d’expériences de la discontinuité que d’individus ! Discontinuité éducative bien évidemment mais aussi culturelle et sociale.

Un premier épisode

Vous pouvez dès à présent découvrir le premier numéro de ce podcast. Animé par la passionnante Déborah Furet, directrice du développement à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales , ce premier numéro propose un regard croisé entre l’auteur de ces lignes et Sylvain Bourmeau, journaliste mais aussi professeur associé à l’EHESS ainsi que directeur du journal AOC, producteur de l’émission “La Suite dans les idées” sur France Culture.

Nous vous souhaitons une bonne écoute et sachez que nous vous préparons de belles rencontres pour les prochains épisodes.