J’enseigne, je code et je partage – EP 03 : Florent Wehrli

J’enseigne, je code et je partage : une série de portraits-entretiens

« Un sens éthique » Florent Wehrli, créateur du site informatique-ecole.weblib.re

Professeur des écoles depuis 2006, après une formation initiale en informatique (BTS/licence professionnelle), Florent Wehrli enseigne en Moselle à l’école Jean Monnet de Basse-Ham. Dans sa classe, il utilise un grand nombre d’outils issus du numérique libre, et a créé le site https://informatique-ecole.weblib.re pour faire connaître au milieu enseignant les possibilités du numérique libre.

Depuis quand avez-vous eu l’idée d’utiliser l’informatique dans le cadre de votre enseignement, et qu’est-ce qui a motivé votre attrait pour les logiciels libres ?

FLORENT WEHRLI – Avant d’être enseignant, j’ai suivi une formation d’informaticien. Mais ayant du mal à trouver du travail dans l’informatique, j’ai cherché un petit boulot à côté, et j’ai alors fait une année comme surveillant en internat. J’ai apprécié le contact avec les enfants, du coup j’ai postulé pour entrer en IUFM. J’enseigne depuis 16 ans, mais j’ai été remplaçant pendant 7 ans. Là, je suis dans la même école primaire depuis 9 ans, avec une classe de CE1.  Lorsque je suis arrivé, étaient déjà installés des TBI (tableau blanc interactif) et des VPI (vidéoprojecteur informatique). Pour ma part, je disposais d’un TBI avec Windows 7, qui commençait à vieillir, et il y avait souvent des problèmes. On m’a parlé de la distribution Xubuntu [Système gratuit sous licence libre basé sur Linux, Xubuntu est une variante d’Ubuntu – NDR], et dans ma formation d’informaticien je m’étais déjà familiarisé à l’usage de Linux.  Aujourd’hui, l’école dispose d’une salle informatique avec 28 PC que j’ai reconditionnés sous Xubuntu. Et dans ma classe, j’ai deux ordinateurs assez anciens sur lesquels est installée PrimTux, une distribution clé en mains pour l’école primaire, avec un certain nombre de logiciels éducatifs. J’utilise beaucoup l’interface Libreoffice des écoles [LibreOffice des écoles est une interface de LibreOffice permettant d’offrir aux utilisateurs une prise en main simplifiée du traitement de texte et adaptée aux jeunes élèves. On peut également y insérer simplement des éléments multimédias. – NDR] ; et OpenBoard pour l’utilisation des fichiers numériques en interactivité [OpenBoard est un logiciel d’enseignement interactif pour TNI open source conçu pour être utilisé dans les écoles ou universités. Il peut être utilisé indifféremment avec un tableau blanc interactif ou dans une configuration à double écran avec tablette numérique et un beamer – NDR]. Avec les élèves, on fait surtout du traitement de texte et du calcul en ligne (je fais des petits exercices en ligne qu’ils peuvent refaire à la maison), et un peu de programmation avec le logiciel Scratch. J’utilise aussi des petits robots Thymio et Bluebot, pour des jeux éducatifs. D’autre part, l’outil numérique nous permet de publier photos et vidéos sur un blog que l’on a créé cette année. 

Cette pratique fait-elle partie des consignes pédagogiques que vous recevez, ou vient-elle d’une initiative personnelle ?

C’est un apport personnel, nous avons développé des programmes avec un collègue pareillement féru d’informatique. De toute façon, dans ce domaine-là, il n’y a pratiquement pas de consignes particulières. Certains enseignants ne sont pas à l’aise avec l’outil informatique, ils n’hésitent pas à me demander conseil et je suis là pour les aider. Il faut proposer des choses simples qu’ils peuvent utiliser facilement dans leur classe sans avoir à y passer trop de temps… 

Au sein de votre académie, pouvez-vous échanger avec d’autres enseignants sur ces pratiques et ce qu’elles peuvent impliquer ?

Très peu. L’inspectrice de ma circonscription et la conseillère pédagogique en informatique ont communiqué l’adresse de mon site internet, mais cela n’a pas eu beaucoup d’écho. Je pense que beaucoup d’enseignants n’ont pas envie de perdre du temps avec ça, et se contentent des ordinateurs qu’on leur donne avec ce qui est déjà installé.  

Pensez-vous qu’une pédagogie à l’usage des enseignants sur la question du logiciel libre pourrait être utile et nécessaire ?

Oui, mais lorsqu’on voit des conseillers pédagogiques venir en animation avec un bel ordinateur MAC OS truffé d’outils Google et présenter des vidéos sur YouTube, je me dis qu’une meilleure information devrait commencer à toucher ces personnels-là. Je me suis intéressé au sujet lorsque j’ai voulu passer le Cafipemf (Certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur ou de professeur des écoles maître formateur) avec option « enseignement et numérique », pour être conseiller pédagogique en numérique. En fait, il n’y a quasiment besoin d’aucune connaissance technique spécifique. Du coup, on peut se retrouver avec certains conseillers pédagogiques en numérique qui savent à peine utiliser un ordinateur !

Vous avez créé voici deux ans le site informatique-ecole.weblib.re. Quelle était l’intention initiale ?

Le but était de faire connaître les possibilités du numérique libre, et d’inciter les enseignants à utiliser ces outils, de proposer des alternatives aux GAFA. Il y a encore du chemin à faire : lors du premier confinement, on a vu comment tout le monde s’est précipité sur Zoom ou autres… . 

Hors réseaux de l’Éducation nationale, avez-vous cherché en créant ce site à solliciter d’autres soutiens éventuels, par exemple du côté de Framasoft ou de la communauté wiki ?

Au départ, j’avais demandé si le site pouvait être hébergé sur un espace de l’académie mais ça m’a été refusé au motif qu’il s’agissait d’une initiative privée ; c’était donc à moi de me débrouiller pour trouver un hébergeur privé. A un moment, j’ai fait un tutoriel sur framaforms, j’avais envoyé un document texte pour qu’il puisse être modifié et ça avait plu à l’équipe de framasoft. Mais ça demande du temps… Lorsque j’ai fait ça, j’étais à temps partiel. À présent, je suis enseignant à temps complet, et c’est compliqué de pouvoir consacrer au site plus de 2 heures par semaine. Il m’arrive de republier d’anciens articles, et de relayer des choses que je trouve dans le magazine Planète Linux,  j’essaie de me fournir sur une revue qui s’appelle Planète Linux, ou encore sur Classetice. J’essaie de trouver quelqu’un qui pourrait cogérer avec moi le site ; j’ai laissé il y a quelques mois un message sur le réseau Mastodon, sans succès à ce jour. 

L’association Faire école ensemble tâche de faire émerger une petite communauté d’enseignants-développeurs. Que pourriez-vous en attendre ?

Il me semble qu’il serait très utile de pouvoir disposer d’outils sous licence libre, et qui puissent être partagés.  Une sorte de grande bibliothèque avec des outils, des logiciels, des services en ligne… D’ores et déjà, le socle interministériel des logiciels libres référence toute une série de logiciels libres qui sont préconisés pour chaque fonction : traitement de texte, navigateur, etc., jusqu’à des logiciels de gravure… Au-delà des outils, la communauté d’enseignants-développeurs que vous évoquez pourrait permettre de mieux échanger nos compétences mutuelles. 

Pourquoi donnez-vous tant d’importance à la question du numérique libre dans l’éducation ?

Quand on voit les données qui sont prises à l’insu des utilisateurs et qui sont ensuite revendues, je n’ai pas envie de faire subir ça à mes élèves ! Et puis, il y a toute la question de l’optimisation fiscale que pratiquent ces géants du numérique pour échapper à l’impôt. Ce sont autant de moyens qui peuvent manquer aux établissements publics de santé, on le voit en ce moment ! Le choix du numérique libre, c’est donc avant tout un choix éthique. On est face à des enfants qui sont de futurs adultes. Si on veut leur transmettre un sens éthique, il faut leur proposer des outils qui incluent d’ores et déjà cette dimension.

Propos recueillis par Jean-Marc Adolphe et Hervé Baronnet.

J’enseigne, je code et je partage – EP 02 : Christophe Auclair

J’enseigne, je code et je partage : une série de portraits-entretiens

«Je suis enseignant, pas informaticien » Christophe Auclair, concepteur du site multimaths.net

Professeur de mathématiques dans le plus gros collège REP de l’académie de Dijon, Christophe Auclair utilise depuis 2001 les TICE dans le cadre de ses cours. Après avoir mis au point de petits logiciels utilisables en classe, il a proposé à l’académie de Dijon des applications pour tablettes. L’ensemble de ces applications, gratuites, sont aujourd’hui disponibles sur son site internet, http://multimaths.net

Peut-on dire que vous êtes un enseignant «technophile»?

CHRISTOPHE AUCLAIR – Disons que j’aimais bien m’amuser avec les ordinateurs. Au début de ma carrière d’enseignant, je cherchais une façon d’intéresser les élèves dans ma discipline, les mathématiques, qui n’est pas toujours d’un accès facile pour les adolescents.

Et en tant qu’enseignant, n’êtes-vous pas technophile dans un milieu qui peut paraître technophobe, tant certains peuvent redouter l’arrivée en classe des nouvelles technologies, qui pourraient en quelque sorte se substituer à leur présence en classe? Voyez-vous une évolution sur ces questions ?

Le côté technophobe a plutôt tendance à empirer, notamment à cause de ce qu’on peut entendre sur l’intelligence artificielle depuis quelques mois. Suite à la signature de partenariats entre le ministère de l’Éducation nationale et certains gros acteurs de l’EDTech (cf par exemple cet article de cafepagogique.net -NDLR), beaucoup de collègues se sentent inquiets. Pour ma part, en ce qui concerne toutes les applications que j’ai pu développer, la présence de l’enseignant reste primordiale pour accompagner, corriger, rectifier… Le confinement a heureusement montré qu’il y a un besoin essentiel des enseignants pour évaluer, réguler, encourager les élèves. On n’en est pas encore, loin s’en faut, au moment où les machines et l’intelligence artificielle pourraient remplacer le travail d’un enseignant en présence avec ses élèves ! Pour l’instant, et sans doute pour un bon moment encore, cela ne fonctionne tout simplement pas pour une écrasante majorité des élèves.

Dans votre formation initiale, on suppose que le sujet des nouvelles technologies, de l’usage du numérique était peu abordé ?

Peu abordé ? C’est peu dire. Ça n’existait pas du tout. Mais j’ai 50 ans ! J’ai fait un peu de langage Turbo Pascal à la fac, c’est tout… J’ai donc appris sur le tas, au fur et à mesure que je cherchais des outils que je ne trouvais pas, ou alors il s’agissait de logiciels payants (que la plupart des établissement scolaires ne peuvent se payer). Dès le départ, le premier ordinateur que j’ai acheté m’a servi à faire mon boulot de prof et à produire des documents pour les élèves. Je n’étais pas spécialement technophile, je le suis d’abord devenu par besoin, et ensuite par plaisir !

Et votre intention, de pouvoir «accrocher» les élèves, a-t-elle fonctionné ?

Ça a fonctionné, et ça continue ! C’est d’ailleurs pour cela que je continue de produire des applis. Si je m’étais aperçu que ça ne valait pas le coup, par rapport au nombre d’heures passées, il y a longtemps que j’aurais arrêté ! Même pour les petits, ça marche plutôt bien : si on leur fait réviser les tables de multiplication avec une feuille remplie de calculs, ils vont vite se lasser et ce ne sera pas très performant. Si on fait le même genre de travail sur un ordinateur ou une tablette, on s’aperçoit qu’ils en font beaucoup plus… De plus, mes élèves ont également un rôle de «testeurs», qu’ils trouvent gratifiants (on est les premiers à essayer !). Ils n’hésitent pas à dire ce qui ne va pas, sur le fond aussi bien que sur la forme. Il y a une émulation très stimulante.

Avec les élèves, vous étiez donc déjà dans une logique coopérative ?

Oui, mais pas de façon consciente, c’est arrivé comme ça. Et le fait que les élèves me réclament des choses m’a fait sortir de ma zone de confort. Je n’avais pas spécialement d’expérience en matière de programmation mais il a fallu que je me décarcasse pour produire des contenus qui puissent répondre à leurs attentes.

Vous faites là état d’une expérience personnelle. Y a-t-il eu sur ce sujet une évaluation de la partde l’Inspection académique?

Non… Je peux simplement me référer au rapport Tricot («Numérique et apprentissages scolaires»,rapport produit par le Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco), octobre 2020 -NDLR), qui analyse les effets du numérique dans l’éducation. Je constate que le type d’application que j’ai pu développer correspond aux recommandations sur les apports pédagogiques. Sinon, les retours qui me sont faits viennent directement des élèves, de parents, et aussi de collègues qui utilisent mes applis parce que, de toute façon, en mathématiques, il n’y a pas énormément de choix. Mais de la part de l’académie de Dijon, non, je n’ai pas de retours «officiels».

Pourtant, vous avez été chargé à un moment donné de concevoir des ressources pédagogiques quiutilisent les outils numériques?

Ça ne s’est pas exactement passé comme ça. En 2015, à l’époque où a été annoncé le «Plan numérique à l’école», c’est moi qui ai proposé de développer du contenu pour tablettes. J’étais allé voir sur les stores ce qui existait comme applications en maths pour des collégiens; j’en ai trouvé une, geogebra, mais c’était quasiment la seule : quelques autres étaient payantes, souvent en anglais, et ne correspondaient pas vraiment à ce qu’on travaille au collège. Je me suis dit que c’était un peu nul de donner des tablettes aux élèves et aux enseignants, sans qu’on puisse en profiter dansl’enseignement des mathématiques. J’ai alors soumis un projet à mon inspectrice à l’académie deDijon (Mme Ingremeau), en précisant que je ne pouvais garantir le résultat, n’ayant encore jamais fait d’application sur tablette. L’inspectrice a accepté, mais ça a été très compliqué: elle a fait pendant quatre mois le siège des ressources humaines au rectorat pour qu’on accepte de me dégager des heures. J’ai alors pu commencer à faire des tests. La première année je ne savais pas faire des applications sous iOS, c’était seulement des applications Android avec des versions PC. Dans mon académie, ça n’a pas eu beaucoup d’impact: c’est la moins bien dotée en tablettes ! Mais assez vite, ça a essaimé dans d’autres régions, notamment en région parisienne, à Créteil, dans l’Oise, et aussi à l’étranger, en Belgique, en Suisse et même au Québec. En revanche, dans mon académie, ça n’a pas vraiment suivi, faute de matériel adéquat. Lorsque mon inspectrice a quitté son poste pour devenir DANE dans une autre académie, ma décharge horaire a progressivement diminué… jusqu’à plus rien.

Vous financez vous-même la réalisation des applications?

Oui, depuis le début. Depuis 2016, je finance l’achat des logiciels et des licences développeur. J’avais tenté d’obtenir une aide, mais on m’a fait savoir que ça ne rentrait pas dans les clous et qu’il n’y avait aucune ligne budgétaire pour ça. En gros, c’est: débrouillez-vous! Le budget est de 460 euros paran, sans tenir compte du matériel acheté pour le développement .À plusieurs reprises, on m’a proposé des contrats avec des entreprises de la filière EdTech. Mais dans ce cas, je serais rémunéré, en plus de mon temps plein, par une boîte qui revendrait le contenu à l’Éducation nationale. J’ai toujours refusé parce que je considère que les profs et les élèves doivent pouvoir utiliser ces applications-là gratuitement. Dans mon propre collège, si ça devait être payant,on ne pourrait pas se les procurer. Avec des crédits TICE d’environ 300 € par an, ça permet tout juste
de remplacer deux écrans et trois claviers ! Je tiens à ce que ça reste gratuit.

C’est-à-dire que l’Éducation nationale n’est pas disposée à vous octroyer une décharge horaire, et a fortiori financer une part du développement de ces applications, mais est prête à payer à un éditeur des logiciels, des programmes, etc. ?

Ce sont des histoires de gros sous. Le ministère va effectivement passer des contrats avec des entreprises EdTech et des éditeurs qui ont bien senti le filon… Les BRNE (Banques de ressources en numérique) ont été déléguées à des prestataires privés : Belin, Hatier ou des boites EdTech comme Maskott. Certains contrats pèsent plusieurs millions d’euros…. Les enjeux sont énormes, et j’ai tendance à déranger avec mes petites applications gratuites, mais pas mal utilisées en France.

Vous défendez donc la gratuité d’usage. Pourquoi ne pas privilégier parallèlement la licence libre ?


Les applications ne sont pas sous licence libre pour la simple raison que je n’en suis pas le propriétaire ; elles ont été payées par l’académie de Dijon qui reste propriétaire des sources des programmes, et je ne peux pas décider de les rendre libres. D’autre part, lorsque j’ai commencé, je n’avais aucune formation de développeur : Je me suis formé sur le tas, et je n’étais de toute façon pas suffisamment assuré de mon code pour le mettre en licence libre (j’aurai trop honte qu’un vrai développeur vienne regarder le code de mes premières productions !). Je suis enseignant, pas développeur !

Quel est le temps hebdomadaire que vous pouvez consacrer à la maintenance et au développement de ces applis ?

Lorsque je bénéficiais de mes 9 heures de décharge hebdomadaire pour travailler sur les tablettes, j’y passais en moyenne 20 heures par semaine. Redevenu enseignant à plein temps, j’y consacrais en moyenne 2 à 4 heures par semaine. Mais cette année, je n’ai fait aucun développement. Je consacre beaucoup de mon temps libre au suivi des utilisateurs. Parfois, c’est simplement un mail de remerciement et d’encouragement d’un professeur, mais parfois c’est plus compliqué : cela peut être, par exemple, un référent numérique qui veut déployer des applications sur les tablettes de son établissement et qui cherche un renseignement, ou encore des profs qui demandent des conseils sur telle ou telle séquence à mettre en œuvre dans un cours. Parfois, ce sont aussi des parents d’élèves qui n’arrivent pas à installer une application. Mine de rien, cela me prend beaucoup de temps.

L’un des objectifs de l’association Faire école ensemble, notamment à travers cette série d’entretiens, serait de donner l’impulsion à une communauté d’enseignants-développeurs. Comment accueillez-vous une telle initiative ?

Sur le principe, c’est très bien. Mais c’est sans doute compliqué à mettre en place, parce que quelle que soit la façon dont on s’y prend, ça devient vite chronophage. J’ai passé beaucoup de temps à faire des tutoriels pour des collègues ; les profs sont très enthousiastes au départ mais beaucoup abandonnent lorsqu’ils voient le nombre d’heures que ça représente. On a tous un métier de prof à côté, mais si on peut se répartir le travail, au moins dans une même discipline, c’est très bien. L’idée d’une communauté où l’on pourrait se répartir les tâches, travailler sur des choses distinctes ou travailler à plusieurs sur un même projet, me semble très intéressant. A tout le moins, cela incite à pouvoir profiter des expériences des uns et des autres.


Propos recueillis par Jean-Marc Adolphe et Hervé Baronnet.